France-Rwanda / Génocide

 

IIIème phase des auditions de la Commission sur le rôle de la France dans le génocide

 

Audition des témoins numéros 3 et 4 : Andrew Wallis et Pierre Jamagne

 

 

Kigali, 30 avril (ARI) : - La  Commission rwandaise sur le rôle de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda a auditionné ce lundi deux témoins : le journaliste et chercheur britannique Andrew Wallis ainsi que l’ancien coopérant belge Pierre Jamagne.

 

Témoin n° 3 : Andrew Wallis

 

Identification du témoin  : journaliste et chercheur,Université  de Bradford,

                                           auteur de « Silent accomplice : the  untold story

                                           of France’s role in the Rwandan genocide ».

 

Eléments essentiels de son témoignage:  

 

Le témoin a d’abord décrit la politique africaine de la France fondée selon lui sur «  la gloire de la France (le rayonnement de la France ), le calcul stratégique et la peur des anglosaxons.»  Des accords économiques et militaires ont été conclus entre la France et beaucoup de pays africains à partir de 1962. Les accords militaires pouvaient être des accords de défense prévoyant des interventions directes de la France, ou alors des accords de coopération militaire. Entre 1962 et 1975, dix-neuf interventions de l’armée française ont été enregistrées en Afrique. Les troupes françaises en Afrique étaient au total 12.000 selon les autorités françaises, entre 16.000 et 19.000 selon les experts.

 

Pour Wallis, l’intervention française au Rwanda s’appuyait sur une triple motivation : l’anxiété ou la peur des anglosaxons, les difficultés stratégiques et les relations familiales entre Habyarimana et Mittérand. S’agissant du degré de responsabilité de la France dans le génocide des Tutsi, le témoin affirme que la France est coupable de complicité de génocide, avec les mêmes responsabilités que les criminels eux-même. « La France avait une multitude d’informations sur ce qui se passait sur le  terrain ; en outre elle a formé et armé les génocidaires. »

 

Témoin n° 4 :   Pierre Jamagne

 

Identification du témoin : coopérant   belge au Rwanda de 1991 à 1994. Il a travaillé dans le domaine de l’élaboration de la carte pédologique du Rwanda. Il était basé à Kigali, mais a travaillé également à Ruhengeri, Byumba et Bugesera.

 

Eléments essentiels de son témoignage:  

 

Le témoin a vu en 1992 des soldats français en tenue militaires, couverts de branchages, arborant des fusils d’assaut avec des visages noircis, en direction du front vers Byumba.

 

En 1993, il a vu plusieurs fois des camions militaires français tirant des canons.

Au cours de ses recherches pédologiques, le témoin est tombé en 1993 sur une position militaire française sur le mont Jali.

 

Après le départ officiel des soldats français en 1993, le témoin a rencontré un militaire français en civil à l’hôtel Rebero l’horizon.

 

Un ami français avait confié au témoin que les officiers français  désignaient les soldats du FPR par « khmers noirs. »

 

Vers 1994, les militaires rwandais et les miliciens creusaient des tranchées dans la ville de Kigali. Le chef hiérarchique du témoin lui expliquera que ce sont les Français qui font creuser ces trous.

 

Le responsable de la sécurité à l’ambassade de France au Rwanda avait déclaré que l’ambassade de Belgique ne prenait pas des mesures de sécurité sérieuses contrairement à l’ambassade de France qui avait toutes les informations du terrain.

 

Après l’attentat contre l’avion de Habyarimana, la veuve d’un coopérant français ainsi qu’un officiel de l’ambassade de France à Kigali avaient déclaré que ce sont les Belges qui ont abattu l’avion de Habyarimana.

 

Après la chute de l’avion de Habyarimana, une fête a été célebrée dans la maison d’un officier supérieur des FAR dans le quartier Kiyovu, près de l’endroit où habitait le témoin.

 

Au début du génocide, des coopérants belges ont vu des Français livrer des armes aux génocidaires à Kanombe lors de leur évacuation.

 

Selon le témoin, les Français sont complices du génocide. Les autorités françaises avaient un degré de renseignement très élevé. Ils ne pouvaient pas ne pas être au courant de la préparation du génocide. Ils ont assuré l’encadrement, la formation et la livraison d’armes aux génocidaires. (Fin)

 

ARI-RNA/ Gen./ P.R /30.04.07/23: 35 GMT

 

Nnnn

 

Rwanda News Agency

rna@rwanda1.com

www.ari.rna.co.rw