France-Rwanda / Génocide

 

IIIème phase des auditions de la Commission sur le rôle de la France dans le génocide

 

Audition des témoins numéros 6 et 7 : Jacques Collet et Pierre Richard

 

Kigali, 11 Juin (ARI) : - La  Commission rwandaise sur l’implication de la France dans le génocide des Tutsi  de 1994 au Rwanda a auditionné ce lundi deux journalistes belges, Jacques Collet et Pierre Richard.

 

Témoin n° 6 : Jacques Collet

 

Identification du témoin  : journaliste  photographe, né au Rwanda en 1947, a travaillé  pour Associated Press, Reuters, Belga, et actuellement, l’Agence France Presse.

 

Eléments essentiels de son témoignage:  

 

·        Les Français ont inspiré et encadré le simulacre des combats de la nuit du 04 octobre 1990. Le journaliste était à l’époque logé avec d’autres journalistes à l’hôtel des Milles Collines. Le lendemain, des soldats Français de la légion étrangère ont déclaré aux journalistes que « cette nuit, ça s’est battu violement. » Selon le témoin qui a fait le service militaire et qui a couvert comme journaliste plusieurs zônes de conflit dans le monde, le rythme des tirs permettait à lui seul de se rendre compte qu’il s’agissait d’un simulacre. Selon Jacques Collet, l’objectif du simulacre était de «  permettre des arrestations massives, créer la panique à Kigali et justifier les exactions ultérieures . »

 

·        Les soldats Français étaient solidaires des FAR et miliciens Interahamwe dans les combats.

 

1.      Le témoin affirme avoir vu en avril 1994, des FAR déployer des cartes et les scruter avec des parachutistes Français à l’aéroport de Kanombe.

2.      Le témoin avait recueilli auparavant des témoignages faisant état de la formation des Interahamwe à Kanombe par des soldats Français.

3.      En mai 1994, Jacques Chollet et un collègue  journaliste Belge travaillant pour des magazines français voulaient se rendre à Butare par le Burundi. Son collègue s’est alors fait dire par son ami officier Français : « vous allez vous faire flinguer. N’allez surtout pas à Butare, des soldats français des troupes d’élite encadrent encore les FAR qui sont aux abois. S’ils voient un journaliste quel qu’il soit, ils vont l’abattre eux-mêmes. »

4.      Vers mai 1994, le témoin a été approché à Bruxelles par deux individus qui prétendaient être respectivement photographe et reporter du journal Crapouillout de l’extrême droite. Ils lui demandaient de les accompagner jusqu’auprès du FPR par le sud du Rwanda. Le témoin s’est rendu compte qu’ils avaient un matériel amateur et a douté de leur identité. L’un de ses interlocuteurs a fini par avouer qu’ils n’étaient pas journalistes, mais qu’ils voulaient qu’il les introduise auprès de Paul Kagame pour lui vendre du matériel militaire performant. Le témoin a refusé leur offre en les référant à la représentation du FPR à Bruxelles. Plus tard, il a su que c’était des éléments de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). Ils voulaient certainement, selon l ‘analyse du témoin, infiltrer les troupes du FPR ou repérer ses positions.

 

·        Les Français se comportaient au Rwanda comme en territoire conquis durant le génocide.

1.      Au début du génocide, une trentaine de journalistes belges et étrangers se trouvaient à l’aéroport de Kanombe d’où ils partaient sous escorte militaire pour faire des reportages et rentrer. Au même moment, les journalistes Français étaient logés à l’hôtel des Mille Collines. Ils circulaient librement en ville sans escorte parce que les FAR et les miliciens Interahamwe les prenaient pour des alliés.

2.      Quand les journalistes belges se faisaient escorter par des parachutistes belges en bérêts verts, les Interahamwe se faisaient menaçants sur les barrières en faisant des signes de leur couper la gorge à la machette. Quand ils étaient escortés par des para belges en bérêts rouges, les Interahamwe les prenaient pour des Français et ils levaient le pouce en signe de victoire en disant : « n ‘abacu, n’abacu » (ce sont les nôtres, ce sont les nôtres).

 

 

 

 

 

Témoin n° 7 :   Pierre Richard

 

Identification du témoin :  Journaliste, romancier et chercheur. De nationalité belge, il a écrit un roman et un essai sur le génocide des Tutsi au Rwanda : « Moi, Alexandre Pivoine de Mortinsart, Ambassadeur au Rwanda » en 1993, et « Casques bleus, sang noir » sur les responsabilités de l’ONU dans le génocide en 1996. Comme journaliste, il a travaillé pour la Deutche Velle, le journal l’Humanité, et la Tageszeitung.

 

Eléments essentiels de son témoignage:  

 

 

 

 

 

 

 

 

ARI-RNA/ Gen../ P.R/ 11. 06. 07/ 16 : 25 GMT

 

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