14 novembre 2009, commentaire sur le blog de la CFTC "Pour une justice sereine"
Monsieur Drombois,
 
Le Collectif des parties civiles pour le Rwanda a déposé plainte contre Eugène Rwamucyo le 15 avril 2007 à Bouvines. Pensez-vous que la justice ait agi avec la célérité qui convienne ? Nous avons noté votre désir que la justice française fasse rapidement son travail. C'est ce que nous souhaitons dans cette affaire, comme dans d'autres depuis parfois 15 ans.

Mais j'observe que la façon dont votre site syndical chrétien défend la présomption d'innocence de Monsieur Rwamucyo devrait rester dans le cadre d'un débat serein. Personne ne remet en cause ce principe de présomption d'innocence à ma connaissance et les citoyens français qui au vu de l'avis d'interpol ont signalé la présence de Monsieur Rwamucyo à Maubeuge dans un hôpital public n'ont fait que faire appliquer l'article 40 du code pénal français par les autorités françaises.

Votre façon de dénoncer ces citoyens sur votre site n'est pas acceptable, ou alors citez des faits précis qui justifieraient vos propos.
Quand la justice refuse de faire son travail, elle n'est plus sereine.

Quand des citoyens qui ont connaissance d'une personne qui fuit les poursuites dont elle est l'objet, qui bat la campagne pour dénigrer la justice internationale et s'autojustifier, ne font pas leur travail, la justice ne peut pas être sereine.

C'est "au nom du peuple français" que cette justice s'établit, ne l'oublions pas. Et donc le peuple doit pouvoir exprimer son point de vue, à travers la liberté d'expression et le fonctionnement normal des institutions de la République.

A chaque fois que ces institutions ne fonctionnent pas normalement, les citoyens ont le devoir de se mobiliser.

Enfin, je ne trouve pas crédible que l'on accuse l'actuel régime rwandais de manipuler le HCR, de manipuler le TPIR de l'ONU, alors même que la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU y a une influence considérablement plus importante que le Rwanda. S'il y avait des manipulations de ces institutions concernant le Rwanda, c'est plutôt du côté de la France, et de ses collègues membres permanents, qu'il faudrait regarder logiquement.

Cordialement

Emmanuel Cattier
Membre de la Comission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France dans le génocide des Tutsi