CHAPITRE 6

L’INVASION DE 1990

(du rapport de l'OUA)

 

6.1.             Les réfugiés sont au cœur de la crise que traverse depuis dix ans l’Afrique centrale. Cette crise a commencé le 1er octobre 1990 quand les enfants des réfugiés Tutsi qui avaient été forcés de fuir en Ouganda et n’avaient pas été autorisés à revenir ont réémergé en tant que soldats du Front Patriotique Rwandais (FPR). Même ceux qui étaient favorables à la cause des envahisseurs reconnaissent que l’attaque déclencha une série d’événements qui, l’un à la suite de l’autre, menèrent au génocide. Pour reprendre les termes d’un groupe de défense des droits de l’homme, «[...] il est incontestable que l’invasion [...] fut le facteur le plus important dans l’escalade de la polarisation politique au Rwanda[1]

 

6.2.             Si ces conséquences n’étaient pas voulues, elles étaient totalement prévisibles. Nous estimons que l’invasion du 1er octobre 1990 figure, avec la politique belge d’institutionnalisation de l’ethnicité et avec le triomphe de l’extrémisme ethnique au début des années 60, parmi les principaux moments décisifs de l’histoire du Rwanda.

 

6.3.             La force de frappe n’est pas apparue comme par enchantement. Elle était le fruit d’une série de décisions prises depuis plusieurs décennies et dans plusieurs pays. Les membres du FPR étaient les enfants des centaines de milliers de Rwandais qui avaient été victimes des pogroms anti-Tutsi déclenchés lors de la prise du pouvoir par les Hutu au début des années 60. Les réfugiés gagnèrent les quatre pays voisins : le Burundi, le Zaïre, l’Ouganda et la Tanzanie. Comme nous l’avons déjà observé, les conflits engendrent des réfugiés, mais il est également vrai que les réfugiés peuvent engendrer des conflits.

 

6.4.             Cette constatation est illustrée de façon remarquable par le sort des émigrés Tutsi en Ouganda. Pendant les premières années, ils connurent une situation difficile, mais sans heurts. Vers la fin des années 60, le Président Milton Obote, qui cherchait un bouc émissaire contre qui unifier son parti, dirigea les persécutions contre les 200 000 Tutsi rwandais. Il en résulta que les exilés Tutsi acclamèrent Idi Amin lorsqu’il prit le pouvoir en 1971; en retour, Idi Amin les réhabilita, et certains Tutsi s’engagèrent dans son armée[2]. Avec le renversement d’Idi Amin, le retour d’Obote et la guerre civile des années 80, les réfugiés rwandais furent à nouveau les victimes. Près de 6 000 d’entre eux furent tués durant cette période. Obote identifiait publiquement le chef rebelle Yoweri Museveni et les Rwandais comme ayant des origines Tutsi Hima et non pas Bantou, et cette notion non historique provoque même maintenant, comme nous le verrons plus loin, des divisions parmi les Africains dans plusieurs pays du continent[3].

 

6.5.             De nombreux Tutsi refusant de jouer les victimes impuissantes décidèrent de se joindre à la National Resistance Army (NRA) de Museveni contre leur ennemi commun. Au moment de la prise du pays par la NRA en 1986, sur ses 14 000 hommes, 3 000 étaient Rwandais, et la plupart avaient des grades élevés[4]. Même si la plupart de ces Tutsi n’étaient pas retournés au Rwanda depuis leur enfance et si d’autres, nés en Ouganda, n’avaient jamais mis les pieds au Rwanda, ils étaient encore considérés comme des étrangers en Ouganda et étaient une source d’embarras pour Museveni qui cherchait à réunifier son pays rongé par les querelles.

 

6.6.             La vie devint de plus en plus difficile pour les Rwandais réfugiés en Ouganda. Les promesses de naturalisation massive ne furent pas tenues. Leur avancement dans l’armée fut bloqué. L’officier de nationalité rwandaise dans le grade le plus élevé qui était devenu commandant en chef adjoint et ministre adjoint de la Défense de l’Ouganda, fut limogé en 1989. Enfin, le code d’investissement ougandais interdisait explicitement aux Rwandais de posséder des terres en Ouganda. Le retour au pays commençait à devenir une idée de plus en plus attrayante pour les dirigeants exilés.

 

6.7.             Les politiques d’Habyarimana furent également un facteur important dans la décision des exilés de chercher à retourner au Rwanda. Jusqu’à la fin des années 80, il resta inflexible et refusa de s’occuper des réfugiés : le Rwanda était trop pauvre et n’avait pas assez de terres pour accueillir la vaste communauté exilée. En ce qui le concernait, ses responsabilités s’arrêtaient là. Cependant, les pressions pour la démocratisation augmentaient, de même que celles des donateurs étrangers, des organismes des Nations Unies et de l’Ouganda, sur Habyarimana pour qu’il adopte une position plus modérée. Les rencontres entre Habyarimana et Museveni n’aboutirent d’abord nulle part, malgré la déclaration de Museveni selon laquelle Habyarimana avait tout intérêt à tenir compte des demandes des Tutsi rwandais en exil.

 

6.8.             Enfin, les deux gouvernements acceptèrent de créer une commission mixte sur les réfugiés rwandais en Ouganda pour déterminer combien d’entre eux voulaient revenir et dans quelle mesure le Rwanda pouvait les accueillir; on songea également à créer une commission nationale rwandaise. Mais les observateurs continuaient de douter de la bonne volonté d’Habyarimana qui s’obstinait à considérer les Tutsi hors frontières comme des émigrants et non pas des réfugiés, ce qui sous-entendait qu’ils avaient volontairement décidé de quitter le Rwanda.

 

6.9.             Comédie ou pas, la commission donna des résultats. Une visite au Rwanda par un groupe de réfugiés était d’ailleurs prévue pour octobre 1990, mais à cette date, il était déjà trop tard. L’inflexibilité et le manque de fiabilité du Rwanda avaient renforcé les arguments des militants contre ceux des modérés au sein du mouvement Tutsi en Ouganda. Le 1er octobre 1990, l’invasion fatidique commença et plusieurs milliers de soldats, pour la plupart bien entraînés et bien armés après leurs années passées avec Museveni, traversèrent la frontière vers le Rwanda[5].

 

6.10.         Le moment où eut lieu l’invasion, ses motifs, sa raison d’être et ses conséquences soulèvent inévitablement de nombreuses questions et suscitent aussi de profondes divergences d’opinion. Ceci est important puisqu’une partie de la guerre de propagande qui sévit encore aujourd’hui concerne la légitimité de l’invasion du 1er octobre et, par conséquent, la légitimité du gouvernement actuel.

 

6.11.         Même les Hutu qui étaient opposés à Habyarimana, par exemple, et les catégories ethniques désavouées doivent avoir ressenti l’attaque. Quel droit avait cette bande de soldats inconnue d’envahir un pays souverain dans le but de prendre son gouvernement de force? La plupart d’entre eux n’étaient probablement même pas nés au Rwanda, ils n’avaient pas de racines connues dans le pays, ils n’avaient certainement pas le soutien de la majorité des Rwandais et peut-être même pas celui de leur propre peuple, et ils étaient soutenus par un État voisin avec lequel le Rwanda entretenait des liens diplomatiques officiels.

 

6.12.         Après tout, et même le FPR était de cet avis, durant les négociations d’Arusha qui eurent lieu par la suite, quiconque était parti depuis plus de dix ans ne pouvait plus revendiquer des biens qui avaient autrefois appartenu à sa famille. À quoi donc pouvaient avoir droit ceux qui étaient partis pendant 25 ou 30 ans, dont les familles avaient fui alors qu’ils n’avaient que trois ans (comme c’était le cas pour Paul Kagamé, ancien sous-chef du service de renseignements militaires qui devint commandant des forces du FPR), ou qui étaient nés en Ouganda et qui venaient maintenant au Rwanda pour la première fois de leur vie? Comment faire confiance à une groupe d’envahisseurs étrangers armés qui prétendaient représenter tous les Rwandais, alors que tout le monde savait que le groupe était en majorité composé de Tutsi et que tous ses dirigeants étaient Tutsi?

 

6.13.         Nous devons admettre que ces questions nous semblent très raisonnables et qu’il n’est pas étonnant qu’Habyarimana et ses partisans n’aient pas eu de mal à faire appel à la vaste majorité des Rwandais pour s’unir contre les envahisseurs. Le crime des dirigeants Hutu fut toutefois leur décision cynique et délibérée de jouer la carte ethnique en ravivant les hostilités inter-ethniques latentes et en accentuant par opportunisme le niveau et l’intensité de l’animosité contre les Tutsi.

 

6.14.         Le moment de l’invasion par le FPR nous porte à croire que sa stratégie était de diviser. Habyarimana faisait preuve, bien qu’avec réticence, d’une nouvelle ouverture envers la démocratie multipartite et les exilés, ce qui lui permettait de faire remonter sa popularité en déclin et de nuire à la crédibilité du FPR en tant qu’issue attrayante. Alors que les Tutsi de l’extérieur se prétendaient en faveur d’une nouvelle démocratie et du droit des exilés à retourner chez eux, ils lancèrent leur invasion juste au moment où ces deux questions étaient à l’ordre du jour au Rwanda.

 

6.15.         La réaction du FPR fut assez directe : ils étaient Rwandais et avaient le droit de revenir dans leur pays natal. Ils auraient préféré le faire de façon plus graduelle et systématique en collaboration avec le gouvernement pour que ceux qui rentraient puissent s’installer convenablement. Il va de soi qu’Habyarimana n’avait pas la moindre intention de prendre ce genre de mesures, et les exilés n’eurent donc pas d’autre choix que d’avoir recours à la force. Les réfugiés et les guerriers durent devenir guerriers-réfugiés, même si cela leur faisait inévitablement engendrer de nouveaux conflits et, peut-être, de nouveaux réfugiés. Compte tenu de la politique d’Habyarimana, cet argument est certainement compréhensible.

 

6.16.         En fin de compte, l’invasion eut lieu à cause d’une conjonction d’événements dans les deux pays : l’Ouganda poussait tandis que le Rwanda tirait. En Ouganda, les exilés Tutsi n’étaient soudain plus les bienvenus et leurs chefs perdaient leur statut. Ils avaient pris l’habitude de se considérer comme Ougandais et de considérer que le Rwanda était le pays de leurs parents. Ils découvraient maintenant que leurs compatriotes des 30 dernières années les considéraient comme des étrangers arrivistes. Il était temps de repartir. Par les liens étroits qu’ils avaient tissés avec le gouvernement ougandais, ils comprirent que Museveni ne pouvait pas appuyer activement leurs plans ni même les appuyer ouvertement, mais qu’il ne serait ni gêné ni malheureux de les voir partir et emporter avec eux d’Ouganda les armes qu’on leur avait fournies.

 

6.17.         En même temps, le FPR était convaincu qu’Habyarimana savait qu’une invasion était inévitable, et il ne parlait de réfugiés et de démocratie que pour gagner du temps afin de consolider son armée et d’obtenir le soutien de ses alliés. À l’époque, son gouvernement semblait une cible assez facile, compte tenu des difficultés causées par la crise économique et des querelles pour le pouvoir entre l’Akazu et les autres Hutu. Le FPR choisit un jour où Habyarimana et Museveni assistaient tous deux à New York à un sommet des Nations Unies sur l’enfance pour frapper avec une importante force bien organisée menée par d’anciens officiers supérieurs de la NRA de Museveni[6].

 

6.18.         La guerre civile qu’ils lancèrent ce jour-là dura, avec de longues périodes de cessez-le-feu, pendant près de quatre ans. La période du génocide correspond aux trois derniers mois de cette guerre, qui prit fin avec le triomphe ultime en juillet 1994 des guerriers-réfugiés sur les génocidaires (il s’agit là du terme désignant les perpétrateurs du génocide, qui est utilisé même par les Rwandais anglophones). À ce stade, presque personne ne semblait se souvenir que le FPR avait émis, avant l’invasion, une plate-forme politique en huit points[7]. Même en 1990, il s’agissait surtout d’un document de relations publiques. Ses rédacteurs avaient observé avec quelle sagacité Museveni avait fait appel à un large éventail d’éventuels partisans en Ouganda.

 

6.19.         Le programme du FPR était conçu de façon similaire en vue d’attirer non seulement les Tutsi du Rwanda, mais aussi les nombreux Hutu aliénés par le gouvernement d’Habyarimana. Aux Hutu, il promettait la démocratie et la fin de la corruption et du népotisme. Il offrait l’unité nationale, une armée nationale et la fin d’un système qui engendrait des réfugiés. La grande majorité des citoyens qui avaient souffert à cause de la stagnation économique et du programme d’ajustement structurel pouvaient compter sur une économie autosuffisante et sur une amélioration des services sociaux. L’objectif ultime était une politique étrangère progressiste.

 

6.20.         Le FPR dut vite abandonner ses folles attentes d’être accueilli comme le sauveur de la population contre le régime Habyarimana. Les avances de ses troupes dans le Nord et le Nord-Est, en même temps qu’une propagande cynique anti-Tutsi, produisirent un mouvement massif de Hutu terrifiés dans des camps de déplacés au centre du pays. En peu de temps, près de 300 000 personnes, Hutu pour la plupart, étaient chassées de leur terre natale ou avaient fui pour devenir des «personnes déplacées à l’intérieur» (terme utilisé pour distinguer les groupes de réfugiés qui ne franchissent pas les frontières nationales)[8]. Au début de 1993, une autre attaque à grande échelle du FPR entraîna le déplacement d’un autre million de personnes, cette fois encore majoritairement Hutu. Leur production agricole, qui servait à nourrir le Rwanda urbain, faisait durement défaut et les pénuries contribuèrent à exercer des pressions inflationnistes sur d’autres denrées alimentaires. Autre facteur désastreux, les camps devinrent une autre source fertile de recrutement pour les politiciens qui organisaient activement leur propre milice — des groupes armés de civils, en majeure partie des jeunes hommes sans repères, qui n’offraient leur loyauté qu’à ceux qui les entraînaient, leur distribuaient des armes et de la nourriture et les commandaient.

 

6.21.         Le vaste déplacement interne n’était peut-être pas prévisible, mais plusieurs autres conséquences de l’invasion du FPR l’étaient certainement à l’époque. L’influence au sein du gouvernement de ces Hutu radicaux et de ces factions militaires avait des chances d’être renforcée. Il était presque certain que l’armée rwandaise allait prendre de l’ampleur et que les problèmes économiques allaient s’aggraver. Comme cela s’était produit sans exception après chaque invasion militaire par les exilés Tutsi au Rwanda durant les années 60, il y aurait très probablement de violentes représailles contre des Tutsi rwandais innocents. Et enfin, il était toujours au moins possible, sinon probable, que l’histoire se répète et qu’un gouvernement opportuniste et menacé joue à nouveau l’ancienne carte de la division ethnique.

 

6.22.         C’est exactement ce qui s’est produit. L’invasion donna immédiatement de la crédibilité à la stratégie ethnique. Les craintes soigneusement inculquées de conspiration Tutsi — pour reprendre le contrôle de la république et lancer des attaques sans merci contre tous les Hutu — qui avaient sommeillé pendant tant d’années furent délibérément ravivées. On rappela à la nation que les Tutsi étaient, dès le début, l’«autre», l’envahisseur étranger. N’était-il pas évident que tous les Tutsi étaient coupables de complicité avec les nouveaux envahisseurs? Toutes les divisions de classes ou géographiques entre Hutu devaient s’effacer pour faire front commun contre l’envahisseur diabolique. Il n’était pas difficile pour le gouvernement d’exploiter ses propres échecs en vue de rallier la majorité derrière lui. Dans un pays où tant d’habitants avaient si peu de terres, il ne fallut pas beaucoup d’ingéniosité pour convaincre les paysans Hutu que les nouveaux venus allaient réclamer des terres qu’ils avaient abandonnées depuis longtemps et sur lesquelles s’étaient immédiatement installés des fermiers Hutu.

 

6.23.         Presque immédiatement après le 1er octobre, le gouvernement organisa la répression. Environ 8 000 Tutsi et quelques centaines de Hutu furent arrêtés dans toute la ville. À Kigali, des milliers de personnes furent conduites au stade national pour être interrogées[9]. Nombre d’entre elles furent détenues pendant des mois. Au début de la nouvelle année, la violence ethnique avait franchi des seuils qu’on n’avait pas connus depuis des années. En réponse à un raid du FPR sur une prison de district, les milices Hutu locales massacrèrent des centaines de pasteurs Tutsi. Ces massacres furent les premiers d’une série de pogroms anti-Tutsi et culminèrent en mars 1992 avec le massacre organisé de sang-froid de 300 civils Tutsi dans le Sud.

 

6.24.         Qu’ils aient agi ou non à titre de contre-représailles, les envahisseurs ont montré peu de retenue à l’égard des civils Hutu dans les régions qu’ils ont «libérées» — un schéma qui s’est répété tout au long de la dernière décennie. Les combattants du FPR étaient disciplinés, mais ils avaient d’importants griefs à régler avec les Hutu du Rwanda, et la rhétorique de plus en plus agressive dont ils faisaient l’objet ne fit qu’accroître leur fureur. En même temps, leurs rangs augmentaient aussi rapidement que ceux des combattants du gouvernement grâce à de jeunes recrues n’ayant aucunement la discipline des soldats qui avaient combattu en Ouganda. À mesure que les combats se poursuivaient, des paysans agités étaient terrorisés et fuyaient leurs petites parcelles de terre pour se retrouver dans des camps sordides pour personnes déplacées[10].

 

6.25.         Bien que les chiffres précis soient contestés, il est certain que les troupes du FPR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité au fur et à mesure qu’elles avançaient dans le pays[11]. Il ne nous semble pas facile de déterminer si leurs chefs ont explicitement ordonné ce comportement, s’ils ont implicitement fermé les yeux ou si, simplement, ils n’ont pas réussi à l’arrêter. Mais le fait reste qu’il y eut de nombreux abus qui sont tous, de l’avis de ce Groupe, de l’ordre de l’anathème et que nous condamnons tous sans équivoque.

 

 



[1] African Rights, 1062.

[2] Prunier p. 67.

[3] Ogenga Otunnu, «Rwandese Refugees and Immigrants in Rwanda», dans Howerd Adelman et al., Path of a Genocide, 19.

[4] Prunier p. 70.

[5] Prunier, 43; Des Forges, 48.

[6] Prunier, 100.

[7] Ibid., 74.

[8] Millwood, Étude 1, 50. Entrevue avec Filip Reytjens.

[9] Africa Watch, Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, Fédération internationale des droits de l’homme, Union interafricaine des droits de l’homme et des peuples, Rapport de la Commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme au Rwanda depuis le 1er octobre 1990 (7 21 janvier 1993), 91 92.

[10] Prunier, 321-323.

[11] Des Forges, 701; Rapport de la Commission internationale d’enquête.