1 Novembre 2016 et jours suivants
2016-Ed83

Précédente page actualité du 1 octobre 2016
et jours suivants
- 2016-Ed82

Simbikangwa - Jean de Dieu MUCYO -Guillaume Ancel - Nyamwasa - Relations diplomatiques Eglise catholique

Pages actualités depuis 2002

Avertissement

Depuis son origine ce site est tenu par Emmanuel Cattier, de façon entièrement bénévole à la demande initiale de la CEC. Les articles sont présentés et commentés pendant ses temps libres. Une fois fait, ce travail est aussitôt publié et peut être modifiés les jours suivants, notamment quand E.C. se relit encore ou que des membres du réseau de la CEC lui suggèrent des modifications souhaitables. C'est la conséquence d'une activité non professionnelle, qui permet de répondre assez vite à l'actualité en acceptant que des erreurs soient réparées le plus vite possible. Vous pouvez bien sûr faire des suggestions sur notre page contact.

Les rubriques permanentes

La justice en France

Nouvelles France Rwanda

Informations et commentaires

Notre dossier du procès Simbikangwa

première instance et appel
appel en cours du 25 octobre au 9 décembre 2016 à la Cour d’assises de Bobigny


Paul Barril, au cœur des accusations de complicité de génocide

Libération - 30 novembre 2016

Le Rwanda ouvre une enquête sur le rôle de responsables français dans le génocide

France Info - 29 novembre 2016

Kigali saisit la justice française dans une enquête visant 20 militaires français

Jeune Afrique - 29 novembre 2016

Concrétisation judiciaire, fondée pour ceux qui connaissent le dossier, après vingt ans de retenue ! Bien évidemment compte tenu de son contexte judiciaire et de la mauvaise foi de l'Etat français, c'est à dire de la classe politique française de gauche comme de droite sur ce sujet, il serait surprenant que cette démarche soit accueillie en France. C'est probablement une première qu'un état africain prétende enquêter en France sur le comportement de militaires français et cela mérite le respect.

Bien évidemment on va continuer de se draper en France dans une feinte indignation.... pourtant les faits sont là et certains français savent très bien pourquoi leur belle famille a pu être massacrée pendant le génocide avec des munitions françaises livrées pendant le génocide, avec des moyens de gendarmerie mis à la disposition de la gendarmerie rwandaise aux ordres du gouvernement génocidaire constitué à l'ambassade de France et reçu à l'Elysée, à Matignon, au quai d'Orsay et même soutenu à l'ONU  en plein génocide... massacrée aussi par des milices d'auto-défense dont les chefs furent entraînés par des soldats français, avec le concours d'une idéologie et d'une stratégie conceptualisée dès 1991 par des officiers français.... enfin et surtout avec un état-major des armées complètement obnubilé par sa lutte contre "les forces tutsies" ou les "ougandos-tutsis", et continuant comme des moutons de Panurge  en plein génocide des Tutsi... C'est simple, les stratèges français utilisaient le même vocabulaire que les forces armées rwandaises génocidaires et aujourd'hui les mêmes éléments de langage du négationnisme des "présumés génocidaires"  encore protégés sur notre territoire ... à l'heure de la lutte contre le terrorisme !

Au Rwanda plus qu'ailleurs on a pu vérifier que "l'enfer est pavé de bonnes intentions". Tout cela est connu et archi documenté. Quelques trop rares responsables français ont senti la dérive de notre intervention : le général Varret, le GIGN Thierry Prungnaud, l'officier Guillaume Ancel, le ministre Pierre Joxe, le docteur Bernard Kouchner, le député Valérie Giscard d'Estaing et ancien président de la République, et surtout, parmi plusieurs journalistes, Patrick de Saint-Exupéry envoyé spécial du Figaro, le docteur Jean-Hervé Bradol de l'association médecins sans frontières, et le président de l'association Survie, Jean Carbonare, qui fut le plus prophétique au journal de 20 heures en janvier 1993, sont parmi ces français qui ont à un moment ou un autre fait preuve de lucidité sur ce que nous faisions au Rwanda et tenté d'émettre une réflexion, plus rarement des mises en gardes sérieuses.

Mais il est difficile de comprendre pourquoi Kigali semble ne viser que des militaires et pas des responsables politiques...

E.C.

General Didier Tauzin Rwanda officiers français mis en cause

nos-medias.fr - 1 janvier 2017

Alain Juppé face aux génocides et à leur négation

La règle du jeu - 25 novembre2016

Le Rwanda demande des excuses au Vatican pour le génocide

informations chinoises - 24 novembre 2016

Le Canada extrade un ex-officier de l’armée vers Kigali

Jeune Afrqiue - 18 novembre 2016

Le tour de France des Rwandais fait étape à Gennevilliers

Le Parisien - 5 novembre 2016

Bravo pour cette initiative !

Le Rwanda accuse 22 militaires français d'être impliqués dans le génocide

L'Express - 2 novembre 2016

Le Rwanda jugera les responsables français accusés de génocide

Centre d'information internet de Chine - 11 novembre 2016

  • Le communiqué de la CNLG en Français :
    Il est titré : "La manipulation du dossier de l'avion, une occultation des responsabilites francaises dans Ie genocide : cas des officiers militaires francais."
    (La CNLG est la Commission nationale rwandaise de lutte contre le génocide)

La version française et la version en anglais publiées sur le site de la CNLG n'ont pas exactement la même présentation.

Dans la version française, le principal responsable militaire français au moment du génocide arrive en tête de liste. Le général Lanxade, chef d'état major des armées, est logiquement le premier responsable militaire de cette gravissime implication de l'armée française, en lien avec le chef d'état-major particulier de François Mitterrand, le général Christian Quesnot. C'est d'abord dans ce trio qu'il faudrait chercher "l'aveuglement" français qu'a reconnu le Président de la République française au Rwanda en 2010.

Ces militaires semblent être cités dans la version anglaise dans un ordre de gravité des actes perçus au Rwanda les impliquant dans le génocide des Tutsi  (Il peut donc y avoir plusieurs citations d'un même officier à plusieurs niveaux - voir ci-dessous) .

Cette présentation de la version anglaise par ordre de perception des crimes a l'avantage de pointer les faits les plus graves et a l'inconvénient  de replacer à l'arrière plan les responsabilités stratégiques de l'Etat-major français qui reste "plus loin" des crimes qu'il ordonna selon toutes vraisemblance. Il est évident par exemple que si les colonels Robardey, Canovas, Chollet et Rozier,  et le capitaine Joubert installent sans conteste, selon la CNLG, les soubassements techniques les plus tangibles de ce qui caractérisera ce génocide, de notre côté nous savons et présentons depuis 2003 sur ce site de nombreux faits qui nous laissent penser que plusieurs de ces éléments avancés par la CNLG sont incontestables. D'autres faits peuvent être relativisés. Par exemple il semble que la torture ne soit plus systématique, sous l'autorité du Colonel Robardey à partir de 1992 au "Fichier central" devenu CRDC ("Criminologie"). Les témoignages deviennent contradictoires sur les pratiques des interrogatoires à partir de sa réorganisation. Les Rwandais sont mieux placés que nous, car souvent témoins directs, pour situer ces faits ...Voir document très complet sur le Colonel Robardey de Morel et Graner à ce sujet

Ces officiers français, qui sont quasiment tous montés en grade après le Rwanda, l'ont fait très probablement après avoir reçu des ordres de l'Etat-major... à moins que l'Etat-Major démontre qu'ils auraient agi de leur propre chef ! Il est aussi observable que l'officier de gendarmerie Robardey est particulièrement désigné aussi par la CNLG pour son négationnisme. (voir détails de cette analyse de la CNLG en anglais ou en français)

Bien qu'il soit cité en marge d'un autre officier, le Colonnel Jean-jacques Maurin, on remarque un grand absent de cette liste d'officiers : le Colonel Poncet, (devenu général et accusé d'assassinat en Côte d'Ivoire dans les années 2004/2005 par le ministère de la défense français). L'auteur de ces lignes est bien placé pour le savoir puisqu'il fut interrogé pendant 4 heures par la DCRI pour avoir placé sur ce site le rapport (confidentiel défense) de ce colonel agissant en tant que commandant de l'opération Amaryllis (avril 1994 et donc dans les premiers jours du génocide). Voir ce communiqué de notre commission du 4 février 2009 >>> communiqué de la CEC dans lequel on peut lire que la partie la plus grave de ce rapport  fut copié-collé dans le rapport des députés français sur le Rwanda en 1998. Ce Colonel avait reçu l'ordre d'éviter que les journalistes constatent que les soldats français n'intervenaient pas dans les massacres "dont ils étaient les témoins proches", selon une directive référencée.

Enfin on ne manquera pas de souligner que cette liste fait l'impasse sur les responsabilités politiques qui sont "premières" par définition en démocratie... Reste à savoir quelle fut en réalité la part d'autonomie de décision de l'armée française dans cette dérive néo-coloniale qui vint en soutien d'un génocide in fine ?

Tous ces éléments, ne disent rien de la matérialité de l'intention génocidaire de chaque intervenant. C'est chaque élément mis bout à bout qui en définitive a concouru à l'accomplissement du génocide. Il est connu que dans dans la stratégie militaire française, ce que Patrick de Saint-Exupéry, puis Gabriel Perriès et David Servenay ont développé, les opérations spéciales de l'armée sont découpées de telle sorte que chaque exécutant n'a pas de vision d'ensemble de la mission qu'il mène. La vision d'ensemble était le travail de l'Etat-Major français et du chef suprême  des armées : le Président de la République. C'est apparemment un chapitre qui manque (s'il y était on le saurait) dans "Un président ne devrait pas dire ça... ",  le dernier livre de François Hollande, spécialiste des demi-vérités, mais qui doit bien avoir accès à certaines vérités. On se souvient que dans son discours d'investiture, Manuel Valls fustigea les accusations de Kigali.

Selon l'ordre de la version anglaise (les types de faits évoqués par la CNLG sont résumés par nous) :

    1. Lieutenant-Colonel Michel Robardey : Informatisation du fichier central rwandais ayant servi à constituer des listes de Tutsi à éliminer - interrogatoires avec torture - dissimulation de preuves de crimes - négationnisme
    2. Colonel Gilbert Canovas : Conseil de recours "à des éléments en civil" pour éliminer des Tutsi en 1991 - premières formations de miliciens
    3. Colonel Jacques Rosier (et Colonel Gilles Chollet) : Coordination de l’entraînement de miliciens
    4. Capitaine Etienne Joubert : Coordination de l’entraînement de miliciens - acceptation tacites des comportements génocidaires à Gikongoro
    5. Autres officiers français impliqués dans des crimes entre 1990 et 1994
      • Colonel Didier Tauzin
      • Colonel René Galinié
      • Colonel Bernard Cussac
      • Lieutenant-Colonel. Jean-Jacques Maurin
      • Commandant Grégoire De Saint Quentin
      • Colonel Dominique Delort
      • Lieutenant-Colonel Jean-Louis Nabias
      • Commandant Denis Roux
      • Capitaine Paul Barril
    6. Les officiers français d'Etat major responsables de crimes commis pendant l'opération Turquoise
      • Général Jean-Claude Lafourcade
      • Colonel Jacques Hogard
      • Colonel Jacques Rosier (deuxième citation pour d'autres crimes)
      • Colonel  Patrice Sartre
      • Commander Marin Gillier
      • Lieutenant Colonel Eric De Stabenrath
    7. Les officiers français impliqués dans des crimes depuis Paris
      • Général Jacques Lanxade
      • Général Christian Quesnot
      • Général Jean-Pierre Huchon

Enfin il convient de remarquer que les accusations de la CNLG mettent sur un plan presqu'aussi grave les mises en cause du FPR par les officiers français, que les soutiens aux actes de génocide. Cela se comprend dans le contexte de travail de la CNLG, mais une différentiation plus fine des responsabilités entre ce qui ne concernait que le FPR et ce qui touchait les victimes du génocide serait souhaitable.

E.C. 4 et 5 novembre 2016

Les mystérieuses correspondances ....

J'ajoute que je fus contacté dans la dernière semaine d'octobre 2016 par un officier de police pour être entendu en commission rogatoire. Cette audition eut lieu le 4 novembre 2016. Elle émane d'une plainte de X contre X ! D'après l'officier de police c'était la première fois qu'il voyait ce type de plainte de X contre X, le document lui demandant de m'auditionner ne précisant pas qui portait plainte "pour diffamation" contre "présumé" moi. C'est donc une plainte dont l'auteur est dissimulé. Le texte prétextant la plainte fut écrit en commentaire d'un article sur le Rwanda dans lequel je suis effectivement intervenu. Ce texte se trouve :

Blog mediapart, commentaires de l'article de Jean-Pierre Cosse : "Kagame sans langue de bois"

"09/02/2016 21:41 Par Emmanuel_Cattier"

Mes propos dans plusieurs interventions dans cette longue discussion évoquent le Colonel Robardey et sa mission au Rwanda de réorganisation du Centre de Recherches Criminelles et de Documentation, organisme tenu par la gendarmerie rwandaise, à partir de 1992 (CRCD appelé aussi par les Rwandais "Fichier central"). Dans ce centre il a travaillé à l'informatisation du fichier des personnes à rechercher (PRAS). On sait de façon certaine et documentée que ces personnes à rechercher étaient avant tout des Tutsi. La mission de ce colonel a donc bien aidé à traquer des Tutsi dans un contexte pré-génocidaire, à travers un outil informatique qui a selon toute probabilité continué de servir pendant le génocide.

Voir aussi cet article de Survie à propos du témoignage de Robardey en faveur de la défense de Pascal Simbikangwa, condamné ensuite pour génocide par la justice française en première instance, et actuellement devant la cour d'appel.

Cette synchronisation de plainte dont le plaignant est dissimulé, émanant donc de toute évidence de l'armée française, juste avant la publication rwandaise de la CNLG, laisse penser que l'état-major français aurait été au courant et aurait pris les devants en m'attaquant en diffamation, sans doute pour m'intimider et que le site de la CEC ne fasse pas des commentaires trop incisifs.

La motivation de la CEC a toujours été de faire ressortir les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi. Ces responsabilités se sont développées dans des missions au Rwanda qu'il importe de bien identifier ainsi que leurs commanditaires et acteurs. Si la Justice française faisait son travail pour instruire les  crimes dont se sont rendus coupables les autorités françaises au Rwanda nous pourrions prendre des vacances !

L'article 40 du code de procédure pénale fait obligation à toute personne dépositaire de l'autorité publique ayant connaissance d'un crime ou d'un délit de le signaler à la justice... Pourtant des présumés génocidaires et présumés complices français dans le génocide des Tutsi ne sont toujours pas poursuivis.C'est bien une forme de négationnisme.

Voir l'article 40 sur Legifrance

E.C. 5-6 novembre 2016


Journal Le Monde du 4 février 1964

Le livre de Jacques Morel Jacques-Morel-La-France-au-coeur-du-genocide-des-Tutsi
" La France au coeur du génocide des Tutsi"
Présenté le 7 avril 2010
Izuba édition - L'Esprit frappeur
1500 pages... un volume et une qualité d'information exceptionnels
Infos France Rwanda dans les moteurs de recherche
En anglais
Revoir les informations antérieures et nos rubriques d'archives

^