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Gaël Faye - Sonia Rolland - TPIR - idéologie du génocide

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Notre dossier du procès Simbikangwa

première instance et appel
appel en cours du 25 octobre au 9 décembre 2016 à la Cour d’assises de Bobigny

Génocide au Rwanda : le prêtre saintais [de la ville de Saintes en France] ne sera jamais jugé

Sud Ouest - 27 octobre 2016

France/Rwanda : vers une nouvelle rupture des relations diplomatiques

Afrikarabia - 20 octobre 2016

Procès en appel de Pascal SIMBIKANGWA: communiqué de presse

CPCR - 14 octobre 2016

"Le 14 mars 2014, les jurés de la Cour d’assises de Paris condamnaient monsieur Pascal SIMBIKANGWA à 25 ans de prison pour “génocide et complicité de crimes contre l’humanité“. Son procès en appel se déroulera du 25 octobre au 9 décembre à la Cour d’assises de Bobigny."

Survie partie civile dans le procès en appel de Simbikangwa : contre l’impunité des auteurs du génocide des Tutsi

Survie - 17 octobre 2016

Génocide au Rwanda : Pascal Simbikangwa jugé en appel en France

  Jeune Afrique - 26 octobre 2016

Un officier français : Lettre ouverte sur le génocide rwandais : « Monsieur le Président, aurez-vous l’audace ? »

Le Monde Afrique - 11 octobre 2016

"Vingt-deux ans après les faits, moi, ancien lieutenant-colonel de l’armée française, je ne sais toujours pas expliquer les contradictions entre la version officielle servie à nos concitoyens d’une opération humanitaire et la réalité des missions militaires que j’ai menées là-bas, qui ressemblent à s’y méprendre à un soutien aux génocidaires."

Affaire Habyarimana : les juges français cherchent à nouveau à entendre Kayumba Nyamwasa

Jeune Afrique - 7 octobre 2016

Réponse de Kigali :

La déclaration devant notaire de Nyamwasa présentée par Jeune Afrique conforte ce que nous commentions à la suite de l'article du 7 octobre  :

On remarque au passage qu'il ne fait que répéter des éléments de langage de la version française déjà exprimée par le témoin de Bruguière, Ruzibiza, qui avait affirmé ensuite avoir été manipulé par le Juge ... avant de mourir ! Version à laquelle les militaires français s'accrochent comme un condamné à tomber dans le vide s'il lâche prise. Que changer dès lors à ce que nous écrivions après l'article du 7 octobre ?

Commentaire à l'article du 7 octobre de Jeune Afrique :

Le général Kayumba Nyamwasa est un accusateur en position d'équilibriste. Il fut poursuivi pour sa participation à l'attentat par le juge Bruguière, mais voudrait prouver à la fois qu'il est innocent et que son chef d'alors, le général Kagame, dont il était très proche, en serait bien l'auteur. Entre temps l'enquête de terrain mandatée par la justice française a clairement tiré des conclusions rendant quasi improbable l'implication du FPR dans cet attentat. Que peut bien avoir à dire de convaincant ce militaire dissident du FPR ?  Ne pourrait-il pas y avoir un deal entre Nyamwasa et les services français en échange de sa protection personnelle ? On a bien vu dans l'enquête Bruguière que ses témoins rwandais avaient affirmé avoir été soumis à des chantages de sa part ?

Nul doute que lorsque cette tentacule sera épuisée... on en inventera une autre pour retarder encore ce dossier. L'épicentre de l'agitation sur l'attentat du 6 avril 1994 se trouve en France... on se souvient d'ailleurs que le lendemain, 7 avril 1994, François de Grossouvre, entre autre "conseiller Rwanda" de Mitterrand, "se donna la mort" à l'Elysée même ...il parait que cela n'a rien à voir ... Il est aussi plus que probable que les restes matériels des missiles furent prélevés par le Colonel Grégoire de Saint-Quentin et rapportés en France avec la boite noire de l'appareil. La justice française n'en dispose pas à notre connaissance. Cherchez l'épicentre de la résistance à la recherche de la vérité en localisant celui des informations bidons et vous comprendrez pourquoi l'enquête française piétine tant.

Quel intérêt aurait encore la France d'accuser Kagame, pour disculper le Hutu power aujourd'hui avec autant d'acharnement, si ce n'est pour masquer une implication française dans cet attentat ? Qu'on nous trouve une autre hypothèse ...

Notre ami Jean de Dieu MUCYO nous a quittés

CPCR - 4 octobre 2016

Nous nous associons au CPCR dans ce deuil.

Annie Faure, cheville ouvrière de la CEC pour porter les plaintes des femmes rwandaises violées par des soldats français, témoigne :

Mucyo m'a toujours inspiré  admiration,  et respect.

A chacune de mes visites au Rwanda pour défendre et soutenir les femmes violées, il me recevait sans délai, j'en étais flattée. Ses propos contenaient  tout entier  les forces et les faiblesse du Rwanda d'aujourd’hui, ses plaies brûlantes, apaisées  de l'espoir que son rapport  a façonné si difficilement. Il m'aidait ainsi, moi la blanche française indignée et meurtrie, à garder le cap de la dénonciation.

Il éclairait d'une   lumière élégante  mes analyses politiques, et me donnait à comprendre, avec d'autres savoirs, le chemin difficile de la reconstruction,  navigant entre démocratie et fermeté, les vanités et les récupérations du martyr des Tutsi par des individus et des associations de "bonne volonté"  ... Il savait se réjouir des fragiles avancées;  je crois qu' il m'estimait.

Vraiment sa mort me touche, j'ai la sensation d 'une perte irrémédiable, de la perte d’un grand homme, attachant et digne, dont les mains retenaient dans la rivière du temps  qui passe les cadavres de son peuple. Il les montraient à Turquoise dont les généraux pour l'heure poussent sans doute un soupir de soulagement.

Ce cri du cœur d'Annie nous fait sentir la profondeur de la personnalité de Jean de Dieu Mucyo.

Le 3 octobre la nouvelle a couru dans les messageries des Rwandais et de leurs proches. Jean de Dieu Mucyo, celui qui fut nommé pour conduire les accusations du gouvernement rwandais contre la France, est mort.  Il est mort, mais les textes qu'il dirigea restent, essentiels pour faire entendre la voix rwandaise dans l'écriture d'une histoire que la France aurait souhaité écrire seule, sans témoins, comme elle le fait depuis des siècles, souvent au détriment de la vérité.

Que les Rwandais dans la peine me pardonnent une longue digression. mais elle est nécessaire pour comprendre ce à quoi les travaux de Jean de Dieu Mucyo se sont attaqués.

Ce travestissement français commença bien avant la colonisation. Comme le chantait Yves Duteil, élu  maire (bourgmestre) d'une commune française ... pendant 25 ans de 1989 à 2014 :

Ça n'est pas ce qu'on fait qui compte,
C'est l'histoire,
C'est l'histoire,
La façon dont on le raconte
Pour se faire valoir.
L'important, dans la bataille,
C'est l'histoire,
C'est l'histoire,
Qu'on découpe ou qu'on détaille
Selon l'auditoire.
Lire et écouter la suite de la chanson

Cette vieille faiblesse intellectuelle fleurit sous tous les pouvoirs. Cette logique mesquine du pouvoir cherche à gagner par les mots là où elle perd devant la vérité. Dans ce tissus de mensonges, la gloire du roi de France et celle, antinomique, de la république de France fusionnent allègrement pour conforter la gloriole bien concrète de chaque français et induire un assentiment culturel, voire électoral. Cette fusion recompose implicitement en républicains si glorieux le chef gaulois Vercingétorix et l'empereur Napoléon, le général Kléber, ce terrible bras actif des massacreurs parisiens et nantais 1, le "Dieu Mars en personne" selon Napoléon, et le général Bugeaud, ce morbide  enfumeur de masse au Maghreb. Un quai, la place la plus populaire, un lycée et un collège sont dédiés au général Kléber à Strasbourg, ville de la justice des Droits de l'homme en Europe ! Nous avons fini par entrevoir bien tard certains de ces errements, notamment sous l'impulsion de la mémoire juive, contre le préfet-ministre de de Gaulle Maurice Papon ou le copain de Mitterrand René Bousquet...

Les français doivent aller plus loin. Nous devons apprendre à regarder lucidement notre histoire, car sur bien des points nous nous perdons trop souvent à nous enferrer trop longtemps dans des négations, comme les gouvernements turcs avec le génocide des arméniens. Par exemple, ceux qui mènent ces égarements sont souvent ceux qui revendiquent un courant culturel imprégné de la mise en valeur du latin scolaire ... qui fut la langue de notre occupant, ravageant notre culture. On nous fait pourtant croire que c'est notre culture... non, elle nous fut imposée, nous nous y sommes servilement soumis et nous avons méprisé la nôtre au point d'entretenir  nous-mêmes l'idée que les Romains auraient été supérieurs culturellement aux Gaulois. C'est un discours de "collabo". Les Romains nous ont vaincus militairement, et ça s'arrête là. Leur colonisation a faussé notre mémoire, souvent résumée à ce que Jules César écrivait dans la guerre des Gaules. Depuis nous avons perdu les pédales et faussé le pédalier, entretenant quelque part à travers les pompes de l'Eglise "romaine", avec son latin précisément, séduite par l'empereur Constantin finalement converti, la mémoire de la supériorité romaine et de sa mise en scène. Le pape remplaça l'empereur romain dans notre psyché comme aujourd'hui "l'hystérie française" (selon le titre de l'émission de Nicolas Poincaré cette semaine sur France 2) remplace le voile des religieuses par celui des musulmanes. C'est le même mécanisme de transferts mensongers et erratiques qui corrompt notre citoyenneté, notre esprit, voire même notre foi chrétienne pour ceux qui sont croyants.

Dans le registre de l'histoire récente, Jean de Dieu Mucyo, portant la parole rwandaise, contribua à assainir la mémoire de l'humanité malgré les discours officiels français sur la non implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Ces discours furent à peine infléchis par le rapport des députés français et même paradoxalement renforcés par la présentation qu'en fit le président de leur mission d'information, Paul Quilès, ex-ministre de la défense. C'est l'amour de son peuple et de sa famille qui porta Jean de Dieu Mucyo à faire respecter la dignité de ceux qui furent massacrés dans un génocide, accomplis avec le concours objectif des autorités françaises de l'époque - compétentes à le fournir techniquement, à soutenir diplomatiquement et militairement ses initiateurs et incompétentes à l'empêcher politiquement. Heureusement pour les Rwandais Jean de Dieu Mucyo ne se contenta pas d'un simple article, comme ici, qui ne veut que planter le décor et proposer une idée de la route à suivre.

Merci à Jean de Dieu Mucyo pour cette contribution essentielle, d'un peuple si minoritaire, apportée à l'écriture de l'histoire de l'humanité ! Espérons que la mémoire rwandaise aura autant d'influence en France que la mémoire juive et la mémoire arménienne.

E.C.

Le principal texte dirigé par Jean de Dieu Mucyo qu'on peut aussi trouver sur notre page des rapports :

1- la page liée sur l'action du général Kléber dans le génocide vendéen est extraite de ce site : Histoire de France   rubrique Histoire criminelle/génocide vendéen. (la conception technique du site oblige à dissocier les pages citées pour y accéder directement)

Un verdict lourd de sens

Survie - 1 octobre 2016


Journal Le Monde du 4 février 1964

Le livre de Jacques Morel Jacques-Morel-La-France-au-coeur-du-genocide-des-Tutsi
" La France au coeur du génocide des Tutsi"
Présenté le 7 avril 2010
Izuba édition - L'Esprit frappeur
1500 pages... un volume et une qualité d'information exceptionnels
Infos France Rwanda dans les moteurs de recherche
En anglais
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