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Sonia Rolland - Bouaké - Députés français et commémoration du génocide - Bisesero par Ancel  - Général Lafourcade entendu comme témoin assisté - Paul kagamé

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Informations et commentaires

Décès « suspect » de Jacques Bihozagara, ancien ministre rwandais, dans une prison burundaise

Jeune Afrique 31 mars 2016

La famille de Stromae ne digère pas la une de "Charlie Hebdo"

Metro news 31 mars 2016

Comment la rédaction de Charlie Hebdo peut être aussi inhumaine après ce que son équipe a subi ? C'est lourd, c'est insultant, c'est irrespectueux au plus haut point. On marche sur les souffrances des autres ! En un mot c'est du travail de salauds. Ce n'est ni de la culture, ni de la fraternité, c'est au mieux de la bêtise et plus probablement du négationnisme rampant. Nul doute que les anciens génocidaires rwandais se tordront de rires devant cette ignominie. E.C.

Lettre ouverte d'Ibuka France à la rédaction de Charlie Hebdo

Au nom de l’Association, Ibuka France, des rescapés et des victimes du génocide des Tutsi, je voudrais exprimer à la rédaction de Charlie Hebdo, l’indignation et l’écœurement que nous avons ressenti en découvrant la couverture du numéro 1236 daté du 30 mars 2016. Le chanteur Stromae y est représenté entouré de membres d’un corps déchiqueté avec, en haut de la page, le titre de sa chanson vedette, « Papa où t’es » ?

Cet artiste est discret sur son histoire et ses origines mais personne n’ignore que celles-ci sont rwandaises et qu’elles ont été traversées par le génocide commis contre les Tutsi dans ce pays. A deux semaines exactement de la 22ème commémoration, une mise en scène qui prétend faire rire en superposant de manière macabre l’histoire du génocide et l’épreuve des attentats qui ont endeuillé la Belgique le 22 mars dernier relève de l’indigence morale que de la création humoristique. Elle est une injure à la mémoire des victimes et une honte pour un média qui, il y a un an, lorsqu’il a été attaqué – le mot est faible-, a reçu le soutien du monde entier. La liberté de penser et de créer que nous avons défendue aux côtés des autres et à laquelle nous demeurons attachés, n’autorise pas de rire de tout, y compris des morts et leurs orphelins. L’art ne peut être séparé du beau. Ce qui produit le dégoût et afflige l’innocent est une honteuse perversion du talent par un prétentieux.     
    
A un moment où les rescapés tentent de préparer dans la douleur mais dans la dignité, la journée d’hommage à celles et ceux qui ont été assassinés dans des conditions effroyables, cette couverture est une ignoble provocation.

Nous exigeons qu’elle soit retirée et que de publiques excuses soient exprimées avant le 7 avril prochain.

Marcel Kabanda
Président d’Ibuka France
Contact: contact@ibuka-france.org
 
Ibuka France
http://www.ibuka-france.org

Rwanda : faut-il commémorer ? Les Français hésitent

Jeune Afrique 22 mars 2016

Comment nos autorités peuvent-elles être aussi peu sûres d'elles pour hésiter à ce point ? Ont-elles peur de ce que pourrait dire Kagame ? Qu'elles étudient ce qui s'est passé et elles pourront ainsi comprendre ce qu'elles doivent faire. C'est simple, il s'est passé au Rwanda 80 fois par jour les attentats du 13 novembre 2015 pendant 100 jours ! Rappeler cela, Védrine l'appelle "instrumentaliser le génocide" ... Peut-on rester neutre ? Pas fières d'aller au Rwanda les autorités françaises !

Lettre ouverte au gouvernement et au parlement français

Blog Médiapart 25 mars 2016

Cet article, écrit par un journaliste Rwandais, Philippe Mpayimana, affirme :

"-1- La France a appuyé ou a laissé faire un gouvernement criminel au moment où il n'y avait plus de doute sur l'exécution du génocide en cours entre Avril et Août 1994 au Rwanda. Aucune condamnation claire n'a été enregistrée au moment qu'il fallait."


C'est vrai, mais c'est très incomplet.  D'abord la France a appuyé ET laissé faire selon les circonstances. Le gouvernement génocidaire s'est constitué à l'ambassade de France à Kigali, plusieurs de ses représentants furent reçus à l'Elysée pendant le génocide, des armes ont été fournies par la France à ce gouvernement génocidaire pendant le génocide, des conseillers militaires français étaient présents au coeur de l'armée génocidaire au moment du déclenchement du génocide," la désignation de l'ennemi" construite en symbiose avec la coopération militaire française en 1992 était le "tutsi". Le chef d'état-major français, le général Lanxade et le chef d'état-major particulier de Mitterrand, le général Quesnot, parlaient dans leurs notes des "forces tutsies" qu'ils combattaient. Sur le terrain les militaires français avaient pour ennemi les tutsi y compris au début de l'opération Turquoise, à la fin du génocide, comme en ont témoigné des militaires français, Prungnaud notamment. Le pire est que dès octobre 1990, trois ans avant le génocide comme l'a raconté le général Varret aux députés français en 1998, son homologue rwandais lui avait expliqué "la question tutsie" par ces mots entre guillemets dans leur rapport : "Ils sont très peu nombreux, nous allons les liquider". Ce général eut ensuite des problèmes de divergences avec sa hiérarchie. Les députés français ont noté que, dans ce contexte (1990-1993) particulièrement lourd et significatif, l'armée rwandaise était "commandée indirectement" par les officiers français, etc. ... C'est en fait beaucoup plus qu'appuyer.

"-2- La France a provoqué l'exode massif de la population rwandaise vers le Zaïre, par l'installation de son quartier général à  Goma et sa présence passive dans la zone turquoise entre juin et août 1994. L'évacuation de tout l'arsenal militaire des Forces armées Rwandaises, des membres du gouvernement et plus de deux millions de la population a été motivée par les faux espoirs que l'armée française a injectés dans le conflit, côté de son ancien allié."


C'est vrai et c'est plus que cela. Des journalistes présents sur le terrain ont observé un encadrement français désignant le Zaïre comme direction.Des militaires français ont ensuite entraîné certains de ces réfugiés, génocidaires pour beaucoup d'entre eux ne l'oublions pas, pour reconquérir le Rwanda. Comment peut-on entraîner des génocidaires en toute connaissance de cause ?

"-3- La France participe avec très peu d'effort aux poursuites des responsables du génocide et les médias français entretiennent les propos racistes envers les Rwandais chaque fois qu'ils présentent un Rwandais dans un miroir ethnique; ce que les Africains ne font pas à leur égard."


C'est vrai, mais on ne peut que s'insurger contre la fin de la phrase :" ce que les Africains ne font pas à leur égard" : c'est faux, notamment dans les pays africains francophones qui relaient abondamment la propagande française, malheureusement souvent semblable à celle des génocidaires de la diaspora particulièrement virulente. En RDC notamment on assiste à des campagnes ahurissantes contre les Tutsi depuis 1994, renforcée par le fait que Kabila, le président de la RDC, est perçu comme étant un Rwandais (comme sa mère) imposé aux congolais. Mais c'est aussi vrai en Afrique de l'Ouest où l'on  raconte trop souvent n'importe quoi dans les médias africains sur le génocide des tutsi qu'on qualifie d'ailleurs volontiers de "génocide rwandais". La lutte nécessaire contre l'ethnicisme ne doit pas faire oublier le contexte idéologique du génocide. Même si les composantes sociales rwandaises, hutu, tutsi, twa furent reconstruites par les colonisateurs en "races" puis en "ethnies", c'est au nom de cette reconstruction que le génocide a été commis en ciblant les tutsi et c'est à ce titre que ce génocide fut reconnu comme tel. Le génocide est venu en quelque sorte justifier l'idéologie destructrice issue de l'Europe (diviser pour régner..) : il a creusé au sein de la population rwandaise un fossé plus profond qu'une simple différentiation ethnique, même imaginaire.

Dans ce contexte il est donc normal, comme l'auteur le fait aussi, que les autorités rwandaises soucieuses de réconciliation rompent avec la source de cette division et abolissent les cartes d'identités "ethniques", alors même que ces ethnies n'en sont pas et n'ont jamais existé que dans la tête des colonisateurs. D'ailleurs aucun mot de la langue rwandaise ne peut décrire le mot ethnie. Le colonisateur a inscrit sur les cartes d'identité rwandaises, encore en vigueur en 1994, le mot ubwoco qui signifie dans la culture rwandaise pré-coloniale "clan" (et aujourd'hui plus généralement "espèce") et désignait alors une autre réalité rwandaise. Les clans, une vingtaine (18 selon la plupart des spécialistes), regroupaient tous  des hutu, des tutsi et des twa, soumis à un roi, mwami.  Le mwami du clan dominant était le roi du Rwanda. Il fut très souvent tutsi. Mais certains clans avaient un roi hutu. Ces clans étaient l'identité culturelle principale des Rwandais, plus que les composantes professionnelles, hutu, tutsi, twa. (Au Burundi il y avait une quatrième composante sociale "ethnique", spécifiquement royale, grosse différence avec la structure sociale du Rwanda). E.C.

Génocide au Rwanda: le Rwandais Ladislas Ntaganzwa remis par Kinshasa à l’ONU
[ndlr et conduit au Rwanda où il a été mis à la disposition des autorités rwandaises]

AFP par Euronews 20 mars 2016

"Le génocidaire rwandais présumé Ladislas Ntaganzwa, détenu par Kinshasa, a été remis dimanche au Comité de suivi des tribunaux pénaux internationaux de l’ONU par les autorités de la République démocratique du Congo et conduit au Rwanda."

Le titre de l'AFP montre encore et toujours un souci français de minimiser les extraditions vers le Rwanda toujours refusées par la France. L'ONU est ici utilisée comme "société écran" pour estomper une partie de la réalité, alors qu'elle ne sert que de moyen d'extradition... "estomper", on ne peut guère faire plus sans être accusé de partialité flagrante ! Le Monde Afrique ne corrige pas le titre et pire fait croire qu'on ne connaît pas la destination du prisonnier. "Ladislas Ntaganzwa a embarqué à l’aéroport de Ndjili dans un avion onusien dont la destination n’a pas été divulguée." Désinformation flagrante ! (2 jours après le 22/03/2016 à 10 heures, ce n'est toujours pas complété, ne serait-ce que dans un autre article).


Un officier français témoigne du rôle trouble de l’opération Turquoise

Afrikarabia 17 mars 2016


Journal Le Monde du 4 février 1964

Le livre de Jacques Morel Jacques-Morel-La-France-au-coeur-du-genocide-des-Tutsi
" La France au coeur du génocide des Tutsi"
Présenté le 7 avril 2010
Izuba édition - L'Esprit frappeur
1500 pages... un volume et une qualité d'information exceptionnels
Infos France Rwanda dans les moteurs de recherche
En anglais
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