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 Visa pour l'image - Kayumba - Antoine Spir - Médiathèque André Malraux de Strasbourg

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La justice en France

Nouvelles France Rwanda

Informations et commentaires

Rwanda, 1994-2014 : le génocide des Tutsi Inauguration d’une stèle à Paris

Collectif VAN 31 octobre 2014

Les stèles sont nécessaires pour inscrire la mémoire du génocide des Tutsi dans le patrimoine perceptible des peuples.

Elles doivent aussi contribuer au combat contre le négationnisme de la complicité des autorités françaises dans le génocide des Tutsi.

Photo Régis Marzin

Un nouveau témoin retarde la clôture de l’instruction sur l’attentat du 6 avril 1994

Afrikarabia 30 octobre 2014

Comme par hasard ...sommes- nous tentés de dire. Si ce témoin vient de Pierre Péan on se doute bien de la nature de la qualité de son témoignage. Il faut être formel dans le travail juridique pour que la décision ne soit pas contestable.... et puis cela laisse paradoxalement à nouveau une chance à ce que la vérité puisse s'infiltrer malgré ce soubresaut de cette bête anonyme qui veut que cet attentat ne soit pas élucidé.... car il ne nous semble pas satisfaisant de clore cette enquête sans que le volet éventuellement français de cet attentat soit examiné. Or de nombreux éléments devraient pousser les juges à pousser cette enquête vers l'armée française, et notamment les éléments matériels collectés sur les lieux du crash  par l'officier français Grégoire de Saint-Quentin qui furent, selon toute vraisemblance, rapportés en France... Pourquoi ne sont-ils pas produits devant la justice ? L'armée les a-t-elle détruits ? Si oui pourquoi et sur l'ordre de qui ?

Rencontre avec Hubert Védrine, acteur clef du "rôle de la France dans le génocide des Tutsi"

Ne pas subir 30 octobre 2014

Ce récit est conforment à ceux qui relatent  l'attitude d'Hubert Védrine. Il appelle généralement "détail" les éléments qui contredisent la thèse qu'il défend, censée être la  "vision d'ensemble" qu'il faut avoir de la politique de la France .... et le moindre détail le cabre... Cela révèle une vision d'ensemble bien fragile....un peu comme un couvercle trop cabossé qu'on essaye de maintenir au dessus d'une marmite ! Voir à ce sujet la vidéo d'un interview d'Hubert Védrine... le détail n'est ici rien d'autre que le rapport militaire du Colonel Poncet qui relate qu'il avait l'ordre de maintenir les médias à l'écart de certaines informations et notamment que ses soldats avaient l'ordre de ne pas intervenir pour empêcher les massacres "dont ils étaient les témoins proches" .  Voir la la vidéo et notre communiqué relatif à ce rapport "confidentiel défense" et pour lequel deux agents de la DCRI se sont déplacés de Paris à Strasbourg pour nous obliger à le retirer de ce site internet.

Rwanda’s Untold Story: Letter to the Director-General of the BBC October 12, 2014

Linda Melvern 12 octobre 2014

Une réponse de grands acteurs de l'information sur le génocide des Tutsi au Rwanda au directeur de la BBC, présentée sur le site de Linda Melvern.

Le Rwanda suspend la diffusion des programmes de la BBC en kinyarwanda

RFI 25 octobre 2014

Rwanda: un documentaire de la BBC fait polémique

RFI 5 octobre 2014

"[...]Plus grave pour l'association de rescapés, les scientifiques interrogés dans le documentaire affirment que le nombre de morts tutsis a été surévalué, que sur le million de victimes dont parle le gouvernement, la majorité serait hutu. « La négation du génocide est considérée comme l’étape finale du génocide » et se produit lorsqu’il y a des tentatives de nier l’événement et en minimiser l’ampleur ou le nombre de morts, dénonce Ibuka.[...]"

Le négationnisme du génocide des Tutsi surgit en Grande Bretagne à travers la BBC.... !!!

C'est une campagne négationniste de plus, à travers des réseaux anglais...De la part de la BBC cela fait peu sérieux au plan journalistique ! C'est grave sur le fond. Le but est connu : faire passer Kagame comme plus criminel que les génocidaires qui ont massacré les Tutsi. Les autorités françaises espèrent ainsi être lavées des accusations de complicité dans le génocide des Tutsi au Rwanda.... au moment où les juges anti-terroristes Trévidic et Poux s'apprêtent, selon toute vraisemblance, à prononcer des "non-lieu" contre les membres du FPR poursuivis par Bruguière par une ordonnance dont tout le monde comprend aujourd'hui quelle fut un acte de parjure.

Depuis le départ à la retraite de Bruguière, les juges français ont déterminé que les auteurs de l'attentat du 6 avril 1994 ont tiré depuis le camp militaire du régime Habyarimana. Le colonel Grégoire de Saint-Quentin, qui logeait dans ce camp,  affirma devant la justice  avoir entendu les bruits caractéristiques du départ des tirs près de chez lui. Les juges devraient normalement poursuivre leur enquête pour trouver les coupables. C'est le but de leur instruction. S'arrêteront-t-ils en chemin faute de pouvoir enquêter auprès des autorités françaises qui selon toute vraisemblance sont en possession des éléments matériels prélevés sur les lieux du crash par le colonel Grégoire de Saint-Quentin à quelques centaines de mètres de son domicile au Rwanda et où il s'est rendu un quart d'heure après le crash et plusieurs fois ensuite selon ses déclarations, Il est devenu patron du commandement des opérations spéciales en 2013 et général de division selon sa fiche biographique sur Wikipédia. Nos juges doivent obtenir de l'armée française, et donc de son chef suprême le Président de la République François Hollande, qu'elle fournisse ces éléments matériels.... secret défense ! Pourquoi donc ? 

Débat sur France Culture, "arbitré" par Alain Finkielkraut, entre Rafaëlle Maison, Professeur de Droit International, et Rony Brauman, Médecin humanitaire.

(Dernière mise à jour du texte de cet article : 8 octobre 2014)

Le titre en lui-même est discutable, il aurait été préférable de dire : la France face au génocide des Tutsi. Rafaëlle Maison s'en est tenu au sujet avec rigueur et pertinence "pour un examen lucide de ce qui s'est passé". Alain Finkielkraut, après un long monologue de Rony Brauman, lui redonne aussitôt la parole pour un deuxième long monologue. Il y en aura d'autres. Rony Brauman n'a cessé de monopoliser le débat avec des considérations visant à dévier les accusations contre la France sur l'actuel régime du Rwanda, qui fut pourtant le seul à combattre les génocidaires. Ce combat, d'abord pour imposer le retour des Tutsi  exilés et des Hutu démocrates exilés, puis à partir d'avril 1994, pour prendre le pouvoir aux génocidaires, et qui aurait du être celui de toutes les nations démocratiques, lui vaut d'encourir des accusations justifiées de crimes de guerre. Mais ces crimes sont souvent "hyperbolisés" en reprenant de façon stupéfiante la propagande Hutu power et française, entre autre avec l’exagération du nombre de victimes dus au FPR et l’attribution gratuite de certains attentats inexpliqués au FPR. Voir cette page ancienne de Survie Bas-Rhin sur les crimes du FPR

Alain Finkielkraut aurait dû recentrer le débat sur le sujet qu'il avait choisi : la France face au génocide des Tutsi. Ce fut au contraire un arbitrage biaisé.

Rony Brauman refuse de voir dans le courant initié autour de l'ordonnance Bruguière l'expression d'un négationnisme d'Etat, mais Rafaëlle Maison devra attendre la fin de l'émission pour enfin pouvoir aborder ce sujet, en étant encore interrompue de façon passionnée. (Voir à ce sujet notre dossier sur l'attentat du 6 avril 1994)

Cette émission est très intéressante car, à travers le discours de Rony Brauman, malgré son livre "Devant le mal", on voit bien que le refus de regarder en face l'implication de la France dans le génocide des Tutsi s'appuie sur une argumentation dont les fondements sont mal appréciés, mal documentés, non dénombrés de façon sérieuse. Voir à ce sujet notre page sur le rapport mapping. Ce rapport très controversé est hélas l'approche onusienne la plus sérieuse, entre autres de l'après génocide dans sa dimension congolaise. Il  est lacunaire et partial puisque qu'on n’y parle pas une seule fois de la France alors qu'elle fût présente sur le terrain par son soutien militaire très concret aux génocidaires, noyau essentiel des réfugiés au Congo/Zaïre dans la période analysée, et par son action diplomatique avant, pendant et après le génocide de 1994.

Dans cette émission Rony Brauman affirme des chiffres qui n'ont jamais été étayés. Et, notamment, on peut rappeler que le rapport Mapping n'a fait aucun dénombrement du nombre de victimes des guerres du Congo et que les seuls à l'avoir fait, uniquement pour le deuxième conflit qui fut le plus meurtrier, est un cabinet de démographes belges, chargé par l'Europe de contribuer à la constitution des listes électorales congolaises. Ils calculent 183 000 morts alors qu'on avance jusqu'à 6 millions de morts ou comme Rony Brauman des centaines et des centaines de milliers de morts. Il s'agit de dizaine de milliers de morts, de trop et pas tous dus au Rwanda quand on sait qu'une dizaine de pays furent engagés dans ce deuxième conflit.

L'aplomb avec lequel Rony Brauman avance des chiffres non établis, dans le seul but de dire qu'on n'a pas de compte à rendre à un "criminel" a quelque chose de surréaliste. La cinquième République française a beaucoup plus de morts sur la conscience que tous les régimes rwandais réunis (hors génocide des Tutsi de 1994... et comme elle est complice active dans le génocide des Tutsi et qu'on peut affirmer que sans son soutien le génocide des Tutsi n'aurait pas eu lieu, cela ne changerait rien en le comptant)... Les assassinats d'opposants aux régimes occidentaux à l'aide de drones ou de "frappes aériennes" est de loin beaucoup plus importants que ceux qu'on attribue à Kagame. On se contente d'ailleurs pour ces attributions de crimes d'un faisceau d'indices ... et surtout d'un raisonnement politique qui pourrait encore ça et là être remis en cause par des faits, en l'absence actuelle de résultats d'enquêtes. Par contre les preuves bien réelles de la complicité active des autorités françaises dans le génocide des Tutsi sont neutralisées, pour Rony Brauman, par des qualificatifs, peut être vrais car un général d'armée n'est jamais un saint, dont relèverait cet ennemi de la France et, pour faire bonne mesure, on ajoute ennemi de la démocratie ... qui préside pourtant un régime où 64% des députés sont des femmes...  

Enfin on rappellera à Rony Brauman que la première ministre assassinée le 7 avril au Rwanda avait une carte d'identité "Hutu" et non "Tutsi"... on peut espérer qu'il ne s'agit que d'un lapsus.... sinon ce serait révélateur d'un manque de connaissance du sujet. Mais d'autres erreurs de ce type font douter d'un lapsus. Il affirme que c'est le génocide le plus médiatisé, sans doute, la Shoah fut exécutée dans le secret et le génocide des Arméniens à l'époque des balbutiements de la presse dans la région... Mais il fut beaucoup moins médiatisé que l'opération Turquoise et les camps de réfugiés à Goma après le génocide... à tel point que beaucoup ont déploré que le choléra ait été assimilé au génocide dans les représentations vulgaires de ces événements.On a en fait très peu d'images du génocide lui-même.

Le plus significatif de son attitude est sa présentation du détachement FPR au CND à Kigali, résultant pourtant des accords de paix d'Arusha, comme cause implicite des troubles "inter-ethniques".... alors que les troubles ont bien évidement précédé les accords de paix.

Enfin, en ce qui concerne l'avant génocide de 1994 et l'impossibilité de prévoir qu'il y aurait un génocide selon Rony Brauman ou le contexte historique du Burundi en 1972 selon Alain Finkielkraut, rappelons cet article du journal Le Monde du 4 février 1964, 30 ans avant le génocide, qui vaut mieux que tout un discours sur la véritable nature de ces troubles  "inter-ethniques" et leur ancienneté :



Le livre de Jacques Morel Jacques-Morel-La-France-au-coeur-du-genocide-des-Tutsi
" La France au coeur du génocide des Tutsi"
Présenté le 7 avril 2010
Izuba édition - L'Esprit frappeur
1500 pages... un volume et une qualité d'information exceptionnels
Infos France Rwanda dans les moteurs de recherche
En anglais
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