En France, l'article 40 du code de
procédure pénale fait obligation à toute personne dépositaire de l'autorité publique ayant connaissance d'un crime ou d'un délit de le signaler à
la justice... Pourtant des présumés génocidaires et complices ne sont toujours pas poursuivis
Au Rwanda, les mandats d'arrêt contre des responsables
français, annoncés avec insistance en août 2008 par les autorités rwandaises, ne sont toujours pas sortis.
Ces attitudes laissent le champ libre à des tentatives préventives et à l'impunité.
Toutefois certaines personnes sont poursuivies en France depuis 2007. Par exemple :
Trois commissions ont été constituées pour examiner l'implication de la France dans le génocide au Rwanda.
Elles sont indépendantes les unes des autres.
La première dépend du parlement français et rédigea en 1998 un rapport parlementaire.
La deuxième, la CEC, dépend d'associations et de citoyens français, et produit ce site internet. Notre
premier rapport a été publié en février 2005 (Cf publications)
La troisième est la Commission nationale rwandaise. Son rapport a été déposé en novembre 2007 sur le bureau
du Président de la République Rwandaise et publié en août 2008.
L'enquête des juges français sur l'attentat du 6 avril 1994 à Kigali confirme le rapport des autorités rwandaises publié en 2010,
au sujet du lieu du tir des missiles.
A notre sens, cela jette une lumière crue sur les énormes manipulations des autorités et de l'état-major français que nous ne
cessons de dénoncer depuis bientôt 20 ans. Nos députés, dans leur rapport de 1998 sur le Rwanda, avaient touché du doigt cette
manipulation à propos de l'attentat.
Il s'agit donc bien d'une affaire de "blancs menteurs et noires fureurs" contre les
accords de paix d'Arusha dont l'attentat fut le premier acte de l'étape définitive du génocide des Tutsi, soigneusement préparé. Les
attaques insidieuses et malsaines des auteurs d'une théorie du complot au sens inversé sont balayées magistralement, mais d'autres
questions graves vont devoir être posées.
C'est aussi un honneur retrouvé courageusement pour la justice française dans cette affaire. Les juges en ont pris les moyens de
façon exemplaire et rare. Espérons qu'ils aillent jusqu'au bout de ce chemin dont on ignore encore toutes les surprises possibles.
E.C.
Les plaignantes rwandaises sont rentrées au Rwanda après avoir été entendues par le juge d'instruction.
Les premières plaintes, déposées en 2004, de trois Rwandaises sont en cours d'instruction
suite à la décision du 13 septembre 2010 de la Cour d'Appel de Paris.L’État français
avait fait appel en vain de la décision d'instruire ces trois plaintes déposées contre des soldats de Turquoise pour crimes contre
l'humanité et remises en action par Annie Faure et Maître Laure Heinich Luijer.
Ces trois plaignantes devaient être entendues par le juge Digne en juin 2011. Malgré l'accident sportif qui a empêché le juge de les
entendre, le bilan de leur voyage en France fut très positif. Elles existent et ont été entendues par des journalistes et des députés.
L'audience fut reportée et réalisée en décembre 2011. Le magazine Causette avait réactualisé cette affaire le 26 octobre 2011
avec un reportage au Rwanda sur deux autres femmes qui affirment avoir été victimes des mêmes crimes dans la même période et au même
endroit.
Armées.com lance un appel d'auteurs en
quête de témoignages de militaires sur le terrain au Rwanda de 1990 à 1994. Nous ne pouvons qu'encourager les milieux militaires à s’intéresser
enfin à ce qui s'est passé concrètement sur le terrain et les soldats et sous-officiers à dire clairement ce qu'ils ont vécu, ce qu'ils ont
ressenti, ce qu'ils reprochent éventuellement à leur hiérarchie. Qu'ils montrent qu'ils sont des hommes qui ont le courage de parler et de faire
respecter leur parole ! Ils nous aurait semblé souhaitable que de telles auditions soient faites par nos députés. Pour notre part nous rappelons
que nous sommes toujours à l'écoute de ces militaires de terrain s'ils souhaitent enfin contribuer à un effort de vérité véritablement
indépendant et citoyen. Lire l'appel d'armées.com et le notre
qui figure ici depuis fin 2003.
Cette action déterminée de Désobeir
du 7 juin 2011 était manifestement destinée à provoquer une plainte en diffamation. Cette plainte a-t-elle était déposée par
Hubert Védrine à ce jour ? Nous n'en savons rien... Nous avons découvert le 14 octobre 2011 cette action dans le blog des abonnés du journal
Le Monde via Google actualité. Même le site de Génocide made in France,
certes dont Xavier Renou ne fait plus partie (ce qu'ignore sans doute le blog du Monde), ne semble pas au courant. Nul doute qu'à l'approche
des présidentielles l'évocation du Rwanda et de la nécessaire mise en examen de présumés complices français du génocide des Tutsi risque de
resurgir. Mais pourquoi s'appeler "désobeir" quand on prétend obéir à une plus grande exigence morale ?
Les militaires français ont des oeillères : ils poursuivent la Nuit rwandaise et le nouvel Obs, alors que notre site publie la même liste
depuis 2008 iciet là
... ce que toute la presse française avait fait en août 2008.
Pour mémoire
Les accusés ont été entendus par les juges français, les mandats d'arrêt des accusés sont levés, ils sont libres de
leurs mouvements et restent simplement mis en examen.
"[Richard Mugenzi] est recruté dès le mois d'octobre 1990 comme espion radio par les Forces armées rwandaises
(FAR). Il se retrouve au coeur de la machine politico-militaire préparant le génocide" [].
"Ce livre aide à comprendre la logique et l'efficacité redoutables de la machine montée, avec l'appui " technique " de militaires français,
par les services de renseignement de l'armée rwandaise, acteurs de premier plan de la désinformation et de la propagande raciste déployée à la
même époque par les médias extrémistes rwandais. Richard Mugenzi apporte un éclairage nouveau sur l'agenda des crimes de masse commis en 1994
au Rwanda, et sur les manipulations qui les ont précédés puis accompagnés."
Cette vidéo tournée le 05 novembre 2008 montre qu'Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l'Elysée, est
solidaire de cette dissimulation. On peut même se demander s'il n'y a pas une relation de cause à effet entre cette interview et l'action de
la DCRI à notre encontre à propos de "la note de Poncet" le 14 janvier 2009 suivant :
Monsieur Védrine a ainsi de très mauvaises habitudes culturelles. Il a du mal à comprendre
que tous les journalistes ne sont pas complaisants avec les hommes politiques. Il accuse le journaliste Serge Farnel d'être un "procureur".
Les magistrats apprécieront d'entendre que leur profession peut devenir une expression disqualifiante.